Berlin, 3 Septembre
Hôpital, Chambre 43
14h15
Point de vue : Bill
___C'est aujourd'hui. Aujourd'hui qu'elle doit venir. Cela fait maintenant quelques heures que je suis réveillé, mais je n'ai pas eu beaucoup de visites jusqu'à présent... Tom m'a rejoint en fin de matinée, ainsi que Georg et Gustav. Mais tous les deux sont repartis une heure après. Des choses à régler en studio sans doute... Ma mère aussi était venue me rendre visite hier, dans la soirée, puis avait du repartir... Et j'ai revu l'infimière lorsqu'elle est venue m'apporter mon repas. Elle est vraiment très protectrice avec moi... mais vous saviez que la nourriture à l'hôpital est infâme? Bref, voilà Tom de retour avec son café. Malheureusement on m'a interdit d'en boire, étant donné que c'est un stimulant... je vous laisse imaginer ma joie, étant donné que j'adore ça. Tom vint s'asseoir à côté de moi sur mon lit, ce qui s'avéra difficile avec son baggy, et sirota son café sous mon nez.
-Alors, fréro? Depuis tout à l'heure?
-Rien de nouveau... Tu pourrais éviter de boire ça sous mon nez?
-Ah... désolé! J'avais oublié que tu en étais dingue depuis que tu était un tout petit bébé.
Je levai les yeux au ciel et Tom se mit à rire tout seul. Soudain, il reprit son serieux et me demanda d'une voix grave qui ne lui allait pas :
-Loann est passée pendant que j'étais à la récéption?
-Non...
Non, elle n'était toujours pas passée. Je me demandai pourquoi d'ailleurs... Ca ne faisait qu'un jour que je la conaissait pourtant j'avais l'impression de l'avoir rencontré il y a une étérnité. Nous verrons bien... Entre temps, j'avais raconté à Tom ce dont je me souvenai de l'accident, et des informations nous étaient parvenues du conducteur qui m'avait renversé : j'étais donc sorti seul, sans garde du corps, faire les boutiques. Et lorsque j'avais traversé la route, des fans avaient crié mon nom à l'autre bout de la rue. Elles m'avaient reconnu. J'étais alors perdu dans mes pensées et leurs cris m'avaient stoppé net. C'est là que le conducteur, me voyant m'arrêter au beau milieu de la route, n'avait pu m'éviter, et malgré le fait qu'il ai essayé de me contourner, m'avait poussé sur le bord de la route... pour que je me retrouve ici.
-Bill? Youhou! Bill? Bill!!!
-Quoi?
Je vis que Tom faisait des gestes avec sa main devant mon visage. Une fois de plus, j'étais ailleurs...
-Tu es un vrai lunatique toi! observa-t-il.
-Si tu étais dans mon lit d'hôpital, peut être que tu ne dirais pas la même chose!
-Du calme Billou!
Je soupirai et m'enfoncai un peu plus dans mon oreiller, les yeux fermés. Je sentis quelque chose s'agiter déséspéremment devant mon visage. Je rabattis les draps sur ma tête mais cette même "chose" commenca à jouer avec mes cheveux qui dépassaient. Je repoussai brusquement les draps et lancai un regard noir à mon jumeau qui s'ésclaffait comme un idiot.
-Tom, t'es vraiment ch...
-Hé, petit frère! Pas de gros mots dans un hôpital quand même!
-Laisse tomber...
Je m'allongeai de façon à lui tourner le dos mais cela ne l'arrêta pas. Il était vraiment insuportable quand il le voulait. C'est Tom Kaulitz, me direz vous! Et vous ne le conaissez pas dans son intimité... Ok, je suis énérgique, toujours en train de parler et parfois un vrai boulet, mais lui c'est 100 fois pire que moi!
-Bill Kaulitzzzzz!!!!!!
-Ahhh!
Ce crétin finit venait d'hurler comme un sourd dans mon oreille. Je lui jettai mon oreiller sur la figure mais il le rattrapa sans problème.
-Melle Kaulitz entend des voix? demanda-t-il, plié en deux sur le lit.
-Scheisse!
-Pas de grossiértés j'ai dit!
-Tom, tu m'emm... commencai-je à crier.
Ce fut un bruit dans le fond de la chambre qui m'arrêta net. Je regardai avec surprise Loann glisser sa tête par l'entrebaillement de la porte avant de lancer avec un sourire :
-Je vous dérange?
Tom laissa tomber son oreiller et fixa Loann comme un ahuri. Je vous jure... Loann, toujours avec son sourire, entra dans la pièce et referma doucement la porte derrière elle. Je constatai qu'elle tenait quelques feuilles roulées dans sa main. Sa tenue était très différente de hier... elle ne portait plus des vêtements d'infimière, mais une jolie veste en cuir (ce qui m'étonna), avec une jupe rouge. Sans doute ce qu'elle portait tous les jours... Voyant que personne ne lui repondait, elle haussa les sourcils.
-Non, non... balbutiai-je.
-On t'entends depuis la récéption Bill, tu devrais faire attention, répondit-elle avec un rire.
Je soupirai de nouveau. Qu-est ce qu'ils avient tous aujourd'hui? Tom, lui, venait de se lever, et se dirigeait vers Loann les bras grands ouverts :
-Lo-Lo-Lo-Loann! dit-il en chantonnant.
-Tom?
-Laisse, c'est le café... lancai-je avec indifférence.
Mon frère s'approcha de Loann et la serra contre lui à l'étouffer. Il éclata de rire tout seul et la stagiaire lui lanca un regard d'incompréhension totale.
-Euh Tom... on ne se connait que depuis hier tu sais?
-T'es jolie, Lolo.
J'écarquillai les yeux et Loann m'imita.
-Franchement on dirait que tu as bu Tom! lancai-je, désabusé.
-Bah qu-est ce que tu crois? Il n' y avait pas que du café à la récéption...
-C'est pas vrai...
Loann éclata de rire et je fis de même, suivis de près par Tom qui se décida enfin à la lâcher. Un silence s'installa, pendant lequel nous échangions des regards complices. Ce fut le portable de Tom qui le brisa. Il resta une bonne minute au téléphone, puis nous annonca qu'il devait partir. Soi disant "quelque chose d'urgent". Un rendez-vous avec une fille ouais... ce fut précipitamment qu'il quitta donc la chambre, un grand sourire accroché aux lèvres. Lorsqu'il eu refermé la porte, Loann s'approcha de moi et s'asseya sur le tabouret à côté du lit. ce fut d'une voix à la fois assurée et docue qu'elle demanda :
-Ca va depuis hier?
-Oui merci... Mais, pour tes dessins... je ne peux pas les accepter.
Un sourire fut sa seule réponse, et elle me tendit quelques feuilles. Je les prit avec précaution. Il s'agissait de nouveaux dessins. A ma grande stupéfaction, le premier me semblait familier : un lit d'hôpital trônait au milieu d'une grande pièce blanche. A côté, il y avait un tabouret et dessus... Loann. Ce dessin était magnifique. A son dos, je pu lire : "Se dire aurevoir?" Ces mots venaient de frapper mon esprit. Voyant que je ne bougeais pas, Loann prit la seconde feuille de mes mains et la posa doucement sur celle qui l'avait figé.
-Ce sont mes préférés, m'avoua-t-elle.
De nouveau, je restai sans voix. Ce nouveau dessin me représentait. Je constatai aussi qu'il m'était d'une fidélité incroyable... mes yeux, les traits de mon visage, ce haussement de sourcil qui m'était si propre... tout y était. Son titre : "Je comprends". Notre discussion d'hier me revint brusquement en mémoire... Alors que je me perdai encore dans ma réfléxion, Loann sourait.
-Ils te plaisent? demanda-t-elle timidement.
Je me jettai dans ses yeux verts qui me fixaient avec un certain doute. Elle semblait avoir retrouvé ce côté timide qu'elle m'avait laissé voir hier... C'était étrange. Cette façon de changer si subitement était incroybale.
-Plus que tu ne le crois... murmurai-je.
Elle m'accorda un sourire que je lui rendis. Je reportai donc mon regard sur les feuilles et poursuivai mes contemplations... Loann avait vraiment une main divine. Tous ses dessins était d'une finesse incomparable. Et même si je ne pouvais dire lequel je préférais d'un point de vu esthétique, les deux premiers ne voulaient plus lâcher mon esprit. Alors que je lui rendai, elle me fit un "non" de la tête, qui, une fois de plus, me surprit.
-Je veux que tu les garde. C'est ma façon de te remercier pour ce que tu as fais pour moi, annonca-t-elle.
-De quoi parles tu?
-Hier... ca m'a fait du bien de me confier, tu sais. Tu m'as aidé, même si tu ne t'en rends pas compte. Donc je veux que les garde, appuya-t-elle. Et puis... ca te fera un souvenir de moi.
Elle termina sa phrase dans un sourire que je sentais faux. Il me mit d'ailleurs mal à l'aise... Oui, j'avais l'impression de la connaître depuis toujours et j'ignorai pourquoi. Il était si simple de parler avec elle... C'était comme si tous mes problèmes s'envolaient à la seconde où elle prononcait un mot. Etrange... Voyant mon malaise, elle posa une main sur la mienne et la serra. Son sourire ne l'avait pas quitté. Comment faisait-elle...?
-Bill, tu sais, même si nous ne nous reverrons sans doute plus, je veux que tu saches que ca m'a fait très plaisir de te connaître. Tu as l'air d'être quelqu'un de formidable. Et j'oubliai... pourras tu dire aurevoir à Tom de ma part?
Je n'arrivai pas à prononcer le moindre mot. J'avalai ma salive difficilement... une boule restait en travers de ma gorge. Allez Bill, remue toi! Après tout, je ne la connais pas... Avec difficulté, j'essayai d'articuler quelques mots :
-Où vas tu aller?
-Je retourne en France.
Cela me fit comme un choc. En France? Je ne comprenais plus rien... Loann, elle, accentua son sourire :
-Tu ne l'as pas remarqué? Je suis française. Je suis née en France mais mes parents sont tous les deux allemands. C'est pour ca que je le parle couramment... et je n'ai pas d'accent! Mes parents sont arrivés en France huit ans avant ma naissance, et s'y sont installés. Maintenant je fais mes études là-bas... mais comme tu le sais peut être, il est souvent demandé de faire un stage de quelques mois en pays étranger, histoire d'être plongé au coeur du métier. Etant donné que je suis en école de médecine, et bien voilà... j'ai choisi Berlin pour m'acceuillir!
Face à toutes ces révélations, je ne savais plus quoi dire. Loann venait de me révéler une partie de sa vie, ses projets, sa famille... beaucoup de choses en réalité. Et tout ca, juste avant de partir pour de bon. C'était encore plus difficile maintenant... Voyant que je ne répondai pas, elle se leva et se pencha vers moi, afin de déposer un léger baiser sur mon front.
-Tu m'oublieras, chuchota-elle.
Elle lisait à travers moi... Après m'avoir adréssé un dernier sourire que je devinai triste, elle se dirigea vers la porte. Je serrai ses dessins contre moi, et avant qu'elle n'eu refermé la porte, dis à voix basse :
-Loann?
-Oui?
-Jamais. Je te le promet.
Un dernier sourire. La porte s'était refermée...
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Berlin, 4 Septembre
Hôpital, Chambre 43
10h30
Cela faisait plusieurs heures que je fixais le plafond de la chambre, sans ciller. Mon sourire m'avait définitivement quitté depuis hier. Milles questions se bouculaient encore dans ma tête. Pourquoi m'a-elle dit tout ca? Pourquoi à moi? Et ces dessins... elle devait y tenir non? Quand la reverrai-je? La reverrai-je seulement? Je fermai les yeux. Lutter devenait difficile. Je laisserai le destin décider. Point final.
-Mr Kaulitz? Il y a quelque chose pour vous.
Je redressai la tête et apercu l'infirmière qui venait de se glisser dans ma chambre, une grande enveloppe dans la main. Je ne l'avais même pas entendu entrer dans la pièce... Surpris, je la questionnai du regard. Un sourire s'afficha sur son visage et elle me tendit la lettre, sans un mot. Voyant que je semblais hésiter, elle rénchérit :
-Une certaine jeune fille me l'a laissé ce matin à sept heures, pendant que vous dormiez... Elle disait devoir se dêpecher et m'a demandé de vous la remettre. Un avion l'attendait apparemment.
Son sourire s'élargit. Loann?
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Et voilà le deuxième chapitre! J'éspère qu'il
vous a plu autant que le premier... Alors, que pensez vous de tout ca?
Le départ de Loann? La réaction de Bill?
Le comportement de Tom? Et toutes ces révélations?
Merci infiniment pour tous vos com's!! Ca m'a
fait très plaisir!!! Bisous!! <3
(Toujours un com minimum pour être prévenue!)
.